La hausse du déficit public US m’inquiète

Quand nos petits-enfants étudieront l’économie, devront ils systématiquement mettre une variable muette dans leurs équations économétriques pour la période de la présidence Trump* ? En d’autres termes, l’économie américaine entre-t-elle dans un cadre hors norme sous l’impulsion des décisions de Trump et du Congrès ? C’est la question à se poser au regard des mesures prises sur la baisse d’impôts et la hausse des dépenses et de leurs conséquences sur le déficit public abyssal des Etats-Unis .

L’allure des finances publiques est effectivement la plus problématique des questions. L’accroissement du déficit public dans la durée laisserait à penser que l’économie traverse une récession profonde. Ce n’est pas le cas loin de là puisque Janet Yellen l’a conduite au plein emploi (voir ici l’analyse de Jason Furman). La relance de l’activité par la Maison Blanche et le Congrès pose ainsi une vraie interrogation sur la rationalité d’une telle politique. On ne relance pas l’économie lorsqu’elle est au plein emploi sous peine d’engendrer d’importants déséquilibres dans la durée. C’est pénalisant pour tous. Lire la suite

La politique du chacun pour soi – Ma chronique du lundi

La croissance est revenue mais déjà chaque pays veut jouer sa propre partition. L’unité n’est plus de mise et l’économie mondiale est en train de changer rapidement de route.

Pendant la phase de reprise en 2016 et 2017 la situation globale était relativement stable, sans déséquilibres majeurs. Les banques centrales lâchaient du lest quand cela était nécessaire pour absorber les moindres aspérités. Et cela a plutôt bien fonctionné puisque progressivement l’allure des différentes régions du monde est devenue plus cohérente renforçant ainsi la dynamique de l’expansion et des échanges. Les économistes étaient obligés de réviser systématiquement à la hausse leurs prévisions.

Cette période est achevée. Les comportements ne sont plus coopératifs et encore moins coordonnés. Lire la suite

Le cycle économique en France et la politique économique

La croissance française sera de 1,8% en 2017 et de 1,7% en 2018. Ces chiffres apparaissent aujourd’hui plutôt fort puisque de 2013 jusqu’au 3ème trimestre de 2017 la croissance tendancielle de l’économie française a été d’un peu plus de 1,1% en rythme annualisé. C’est donc un bon cru. Cependant, la comparaison avec la période d’avant-crise est cruelle. De 2000 à 2008 la croissance tendancielle de l’économie française était de 1,8%. Elle pouvait donc aller bien au delà de ce chiffre de 1,8% qui apparaît aujourd’hui comme le point haut du cycle.

Une telle situation cyclique donnait des degrés de liberté pour tous car la croissance pouvait ainsi aller bien au-delà de cette tendance (elle était ainsi de 4% en 2000). Dans la mise en œuvre de la politique économique française, ce point haut du cycle n’était généralement pas perçu comme une opportunité pour adopter une stratégie plus restrictive. Collectivement, les Français ont été incapables de réduire les déséquilibres lorsque la croissance était très forte, notamment sur le plan budgétaire. La cagnotte, concept budgétaire français inventé dans les périodes de croissance élevée, permettait de justifier toute sorte de dépenses puisque les recettes avaient augmentées. Lire la suite

Le cycle économique et la politique économique 

Cet article a été publié le 17 mars sur le site de http://www.Forbes.fr sous le titre « Le Cycle Economique Français Et La Politique Economique A La Veille Des Elections » Il est disponible ici

Il est publié in extenso ci dessous

Depuis la crise de 2008, la croissance tendancielle a franchement ralenti au sein des pays occidentaux.
Le graphe ci-dessous représente la croissance annuelle moyenne sur 10 ans aux USA et en France depuis 1960. Dans les années 60 et 70, la croissance française a été très forte, dépassant largement celle des Etats-Unis. La France était alors dans une phase de rattrapage de la croissance vis-à-vis des USA. Au milieu des années 70, la dynamique de rattrapage s’enraye, les gains de productivité se font plus faibles et la croissance ralentit fortement pour s’inscrire sur une tendance stable au voisinage de 2%. La croissance américaine est un peu plus élevée en moyenne et, jusqu’en 2007, apparaît plus stable autour d’une tendance à 3%.
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Le cycle économique et la politique économique – Ma contribution pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur la dynamique du cycle économique à l’aune des élections présidentielles françaises.

Depuis la crise de 2008, la croissance tendancielle a franchement ralenti au sein des pays occidentaux.
Le graphe ci-dessous représente la croissance annuelle moyenne sur 10 ans aux USA et en France depuis 1960. Dans les années 60 et 70, la croissance française a été très forte, dépassant largement celle des Etats-Unis. La France était alors dans une phase de rattrapage de la croissance vis-à-vis des USA. Au milieu des années 70, la dynamique de rattrapage s’enraye, les gains de productivité se font plus faibles et la croissance ralentit fortement pour s’inscrire sur une tendance stable au voisinage de 2%. La croissance américaine est un peu plus élevée en moyenne et, jusqu’en 2007, apparaît plus stable autour d’une tendance à 3%.
La suite est à lire ici

Trumponomics

Publié initialement, le 27 Janvier, sur le site Forbes.fr sous le titre « A La Recherche Des Fondements De La Trumponomics » et disponible ici

Le commerce mondial est un jeu à somme nulle : « Ce que je gagne, tu le perds et ce que tu gagnes, je le perds ». C’est en résumé la lecture qu’a Donald Trump de l’économie globale. Il faut donc accroître la part du gâteau américain et, en parallèle, se donner les moyens d’affaiblir le reste du monde.

Dans son discours d’investiture, c’est ce cadre qui sert de référence au discours économique. Ce cadre économique restreint apparaît finalement comme un moyen et un support aux choix politiques faits par la nouvelle administration américaine. Une expression lapidaire résume cette stratégie : « Acheter américain, embaucher américain » Lire la suite