Comprendre le changement d’orientation de la politique monétaire de la BCE

J’ai déjà commenté ici le changement d’orientation de la politique de la BCE décidé lors de la réunion du comité de politique monétaire du 14 juin. On peut y trouver les raisons économiques et les raisons techniques à cette inflexion. Pour moi cependant, le véritable objectif de la BCE est de pouvoir disposer d’une demande interne privée suffisamment robuste pour être un vrai support à la croissance européenne.
Le graphe ci dessous représente cette demande interne hors dépenses du gouvernement et hors stocks. On constate une progression quasi linéaire avant la crise au rythme de 1.9% puis une longue période de décroissance sous la pression des politiques budgétaires d’austérité et d’une politique monétaire pour le moins maladroite. Puis enfin à partir de 2013 et un policy mix plus favorable une reprise de la croissance de cette demande privée au rythme tendanciel de 2.1%. Lire la suite

La Fed +25 bp

La Fed remonte son taux d’un quart de point dans le range 1.75-2% en raison de la robustesse du cycle et de l’inflation proche de la cible de la Fed. Les projections suggèrent encore deux hausses de taux en 2018, 3 en 2019 et 1 en 2020.

Ceci est cohérent avec mes prévisions mais aboutira à un aplatissement de la courbe et donc une hausse du risque de récession en 2020.

Taux d’inflation à 1.9% en mai en zone Euro

Le taux d’inflation de la zone Euro s’est sensiblement accéléré en mai à 1.9% contre 1.2% en avril. Le taux d’inflation sous jacente est passé de 0.7% à 1.1%.
Deux raisons expliquent ce mouvement haussier
Le premier est un effet pétrole – La contribution de l’énergie passe de 0.25% en avril à 0.59% en mai. Cela représente l’impact de la hausse du prix de l’or noir. Ce phénomène n’est pas encore terminé et à prix équivalent en juin l’effet sera un peu plus fort avant de décélérer tout au long de la seconde partie de 2018
Le second effet est lié aux services dont la contribution est passé de 0.46% à 0.71% en raison d’un facteur saisonnier (pentecôte). Ce phénomène devrait s’éroder en juin.
Inflationze
Si le prix du pétrole se stabilise, ce qui semble être le message de l’OPEP la semaine dernière, alors le taux d’inflation va refluer au cours des prochains mois. La hausse temporaire de l’inflation ne devrait pas perturber la stratégie monétaire de la BCE.

Pétrole, dollar, salaire et chômage aux USA – Ma chronique du lundi

Le pétrole s’échappe à la hausse, un peu en dessous de 75 dollars le baril. Le billet vert s’apprécie à nouveau. Il est maintenant à moins de 1.2 contre euro et son taux de change effectif s’apprécie rapidement créant de l’incertitude sur les marchés et notamment sur les marchés émergents.
Pendant ce temps, les salaires ne progressent toujours pas aux USA malgré un taux de chômage passé sous le seuil de 4% pour la première fois depuis décembre 2000. A l’époque le taux de salaire de référence progressait de 3.8%, sa hausse n’est que de 2.6% en avril 2018.
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Zone Euro: La croissance se modère au premier trimestre

Le PIB de la zone Euro ressort à 0.4% au T1 2018 (non annualisé). C’était + 0.7% au T4 2017. L’acquis pour 2018 à la fin du premier trimestre est de 1.45%

Plusieurs remarques

• En 2017 les chiffres surprenaient systématiquement à la hausse. Le chiffre du T1 est sur le chiffre anticipé. Plus de surprise Le pic du cycle est il passé ? Probable mais cela ne signifie pas une rupture à la baisse. Lire la suite

Statu quo de la BCE

Attentisme de la #BCE dans la gestion de sa politique monétaire en raison de l’inflexion conjoncturelle observée depuis le début de l’année. Est elle permanente ou temporaire? La réponse à cette question est essentielle mais elle est encore discutée par les économistes.

On ne perçoit pas du côté de la BCE une volonté de changer rapidement de stratégie. C’est pourquoi on ne devrait pas être étonné si les achats d’actifs continuaient au delà de la date de septembre 2018. Normalement l’institut d’émission devrait arrêter ses achats si l’inflation a l’allure souhaitée par les autorités monétaires. Ce ne sera probablement pas le cas. En outre en ne créant pas l’idée d’une rupture rapide, la BCE devrait permettre à l’euro de se déprécier face au billet vert. Cela aurait un effet stabilisant sur la conjoncture de la zone euro. Ceci est d’autant plus vraisemblable que la Fed sera beaucoup plus active afin de contrecarrer les effets déstabilisants de la politique budgétaire de Donald Trump.