Trump contre Powell

Trump aurait la tentation de « virer » Powell après la dernière hausse de taux de la Fed. Cet article est explicite sur son intention et il aurait les moyens de le faire. L’indépendance de fait de la Fed n’est pas celle institutionnelle de la BCE.

Trump Discusses Firing Fed’s Powell After Latest Rate Hike, Sources Say

Pas d’acceleration de l’inflation dans les prochains mois

Le prix du pétrole est, au 19 décembre, 20% au dessous de sa moyenne 2018. La contribution de l’énergie au taux d’inflation va rapidement être négative. L’inflation tombera au dessous de 1% en zone euro en 2019. (Le prix du pétrole est la principale source de fluctuation de l’inflation à la hausse et à la baisse. Cette fois ci ce sera à la baisse)

Pour une contribution nulle à l’inflation, en moyenne sur 2019, le prix du pétrole devrait déjà progresser de 25% Ce n’est qu’au delà de 25% de hausse en moyenne sur 2019 que l’inflation ira au dessus de l’inflation sous jacente (voisine de 1%). Pas de précipitation de la BCE dans la gestion de sa politique monétaire.

La Fed nous dit une hausse maintenant puis deux l’an prochain

La Fed a remonté son taux de référence de 25 points de base. Le taux des fed funds évoluera ainsi dans le corridor 2.25 – 2.5%. Ce niveau de taux se rapproche du corridor, 2.5-3.0%, considéré par la Fed comme une cible de long terme. C’est la 4ème hausse cette année.

La banque centrale n’apparaît pas inquiète quant à l’allure de l’économie dans les prochains mois. La croissance va ralentir un peu en 2019 mais le taux de chômage restera proche de son niveau actuel soit au delà du plein emploi. L’inflation sera voisine de 2%. Elle est un peu plus faible que lors de la réunion de septembre en raison de la chute du prix du pétrole.

La Fed a indiqué qu’elle pourrait remonter son taux de référence à deux reprises en 2019. En septembre, lors de la réunion précédente, elle envisageait 3 hausses. L’allure des prix du pétrole et sa conséquence sur le taux d’inflation expliquent probablement ce moindre durcissement.

Pourquoi deux hausses encore: l’économie fonctionne encore sur une tendance au-dessus du plein emploi. Ce déséquilibre doit être compensé par une politique monétaire qui doit devenir un peu restrictive pour éviter d’éventuelles déséquilibres, peu visibles actuellement mais qui pourraient se développer dans un futur pas trop éloigné. L’économie a changé mais pas au point de pouvoir trop longtemps fonctionner au delà du plein emploi sans que cela n’engendre de conséquences difficiles à gérer dans la durée. En outre, la politique de la Maison Blanche qui alimente la demande domestique se traduit par une hausse rapide des importations (voir ici). Par le biais d’une politique monétaire un peu restrictive la Fed doit peser sur la demande et limiter le déséquilibre externe.

Le déficit commercial US et le resserrement monétaire de la Fed

Le commerce extérieur US se dégrade très vite en volume et hors pétrole. Les américains paient la politique budgétaire de Trump. Les importations en volume s’envolent et les exportations s’étouffent. Pas la bonne stratégie.
C’est aussi pour éviter des déséquilibres extérieurs trop importants que la Fed doit agir. Powell a évoqué ces déséquilibres liés à la politique budgétaire inconsidérée de la Maison Blanche. Il faut infléchir le profil des importations en pesant sur la demande interne. C’est le rôle de la politique monétaire.

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L’inflation en 2019 va franchement baisser

La volatilité de l’inflation est depuis longtemps conditionnée par le prix du pétrole. En 2018, jusqu’en octobre, au moins, l’inflation de la zone Euro a été expliquée pour près de la moitié par la contribution de l’énergie. En 2019, le prix de référence du pétrole à partir duquel on calculera la contribution va être élevé (72.8 dollars en moyenne en 2018 avec des pointes à 86) contre 63 dollars maintenant. Il faudra  que le prix grimpe, en moyenne, de 10 dollars pour que la contribution de l’énergie soit nulle et au-delà pour avoir une contribution positive. L’inflation en 2019 risque d’être inférieure à l’inflation sous-jacente qui restera autour de 1%. Pas de normalisation attendue des politiques monétaires.
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La Fed va continuer son resserrement monétairei

La déclaration de Jay Powell, hier, a fait bouger les marchés financiers avec une hausse rapide des actions. Il aurait déclaré que le taux de la Fed était désormais proche du taux neutre, celui qui ne contraint ni ne favorise l’activité.

Pris comme cela cela signifierait que la Fed est proche d’arrêter le mouvement de hausse de son taux de référence entrepris en décembre 2015.

Cette interprétation est très excessive au regard de ce que dit effectivement Powell. Il dit que le taux est proche du bas du range d’estimation du taux neutre. En d’autres termes, le taux neutre est défini sur un intervalle et non sur un point. Powell dit que la Fed se rapproche du bas de l’intervalle. Ce n’est pas la même chose surtout aussi parce qu’il précise que la croissance restera forte et l’inflation voisine de 2%. Le discours n’a pas franchement changé, la Fed continuera d’augmenter son taux de référence, mais son interprétation a été excessive et a provoqué, à court terme, des mouvements de marchés exagérés.

Le texte de Powell es repris ci-dessous