La croissance est trop faible pour alimenter le pouvoir d’achat en France

Le pouvoir d’achat, la productivité et le PIB par tête doivent suivre une allure cohérente dans la durée. Chaque indicateur traduit, à sa façon, la capacité de l’économie, française en l’occurrence, à évoluer dans la durée.
J’ai repris ces 3 éléments depuis 2000 jusqu’à 2018 et la dernière donnée disponible pour chacun d’entre eux (données trimestrielles). J’ai mis chacun d’eux en base 100 en 2000. 
Sur le graphe on observe trois périodes.
La première période jusqu’à la crise de 2008 montre des indicateurs suivant des trajectoires parallèles et donc plutôt cohérentes. 
La deuxième période, de 2008 à 2012, montre des écarts considérables. Le PIB par tête et la productivité chutent en 2009 avant de rebondir modérément alors que dans le même temps le pouvoir d’achat se maintient à un niveau élevé, sans rupture, contrairement aux deux autres mesures. 
Cet écart prend fin avec la rigueur budgétaire et les hausses de fiscalité de 2012/2013. 
La troisième période démarre en 2014 avec des indicateurs qui ont retrouvé des trajectoires cohérentes et parallèles.
Deux remarques
1 – Les stabilisateurs automatiques ont joué favorablement, en 2009 notamment, en maintenant la capacité de demande des ménages. Cet effet, habituellement favorable dans la durée, n’a pas tenu ses promesses cette fois-ci car le rebond de la croissance a été insuffisant. On voit bien la rupture de 2011 sur le graphe en raison des politiques d’austérité. La reprise a été coupée dans son élan par les politiques budgétaires trop restrictives à l’échelle européenne.
2 – Depuis le rythme de la croissance est trop bas pour être satisfaisant. Les trois allures sont cohérentes mais ne satisfont personne en raison d’une progression trop réduite.
Dès lors, toute mesure visant à accroître le pouvoir d’achat se heurtera rapidement aux contraintes mêmes de l’économie française. 
Le vrai problème de la l’économie française reste donc la croissance qui est trop réduite.

Le pouvoir d’achat ralentit au Royaume Uni

La situation pour le salarié britannique devient plus complexe. L’accélération de l’inflation est en train de combler l’écart avec la hausse des salaires (graphe 1). De la fin 2009 à la fin 2014 les salariés anglais avaient perdu du pouvoir d’achat. Ils n’ont toujours pas retrouvé celui d’avant la crise (graphe 2).
Si le Brexit qui va démarrer est un choc persistant alors la dynamique des salaires nominaux sera faible et le risque est à la perte de pouvoir d’achat. La demande interne sera durablement affectée. Cela viendra en complément du choc négatif persistant sur les exportations après la rupture avec l’UE et le changement de règles sur les exportations britanniques. Cela va être compliqué au Royaume Uni.
Graphe 1
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Graphe 2
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