Les chiffres à venir. Semaine du 15 au 21 juillet

> Le chiffre de la croissance du PIB chinois pour le deuxième trimestre (15 juillet). Au cours des trois premiers mois de l’année, la croissance avait été de 6,4%. Elle devrait être plus faible car les données mensuelles sur la production industrielle et les importations montrent une dynamique assez limitée.
> Ventes au détail et production industrielle aux États-Unis (16 juillet). Ils montreront la force de l’économie américaine. Il s’agira d’éléments de référence qui pourraient influencer la stratégie de la Fed. Powell vient de mentionner, cette semaine, qu’il n’y avait pas eu d’amélioration récente de la situation économique en dépit du fort rapport sur le marché du travail.
Associé à ces chiffres, le Beige Book de la Fed (17 juillet) mettra en lumière sa perception de l’économie au niveau régional.
> Les indices NY Fed (15 juillet) et Phylli Fed (18 juillet) sur l’activité économique fourniront également des données sur la vigueur du cycle économique.

> Indice ZEW en Allemagne (16 juillet). Un indice faible après ceux de ces derniers mois pourrait forcer le gouvernement à adopter une politique économique plus proactive.
> Données sur l’emploi au Royaume-Uni (16 juillet) et inflation au Royaume-Uni (17 juillet)
Les chiffres plus faibles de l’emploi sont encore à venir et se manifesteront après cet été avec le fort ralentissement attendu dans le secteur manufacturier.

Le document est disponible ici (en anglais) NextWeek-July15-July21-2019

Le rapport de force pourrait changer pour la Chine

L’ensemble des indicateurs chinois pour avril sont médiocres. L’accélération de mars n’est pas confirmée sauf dans l’investissement des entreprises publiques.

Trois remarques

1- Le soutien à l’activité tant fiscal que monétaire sont d’un effet limité. L’économie n’arrive pas franchement à basculer vers une croissance orientée par sa demande interne (les ventes de détail hors inflation sont à seulement 4.7% sur un an)

2- la reprise de l’investissement des entreprises publiques montre que la relance reste focalisée sur l’investissement et que les entreprises publiques jouent à nouveau un rôle important notamment après la reprise en main politique de Xi Jinping en décembre dernier.

3 – L’allure médiocre de la production industrielle est à rapprocher du ralentissement du commerce extérieur chinois. Les sanctions nouvelles des USA sont aussi une pression pour forcer la main des chinois pour un accord afin d’éviter des mouvements sociaux.

Une croissance qui resterait limitée en Chine serait ainsi une opportunité pour les américains dans le rapport de force entre les deux pays

La production industrielle se contracte en zone Euro

Avec le repli de -0.9% de décembre, la production industrielle de la zone Euro recule de -5.3% sur le dernier trimestre (taux annualisé) et de -2.1% sur un an.
Le ralentissement du commerce mondial est une explication que le ralentissement européen a accentué.

On dispose désormais d’une image plus complète de l’activité industrielle en 2018. Les US s’en tirent bien, le Japon est toujours très volatil mais l’Europe se replie rapidement, faute d’une dynamique interne capable de compenser les chocs extérieurs. On retombe toujours sur cette éternelle question d’une dynamique coordonnée pour aller mieux. La dépendance aux impulsions du reste du monde est désormais trop importante et cela est très préoccupant

Production industrielle en berne en Europe


On a connu des périodes plus fastes que 2018 pour la production industrielle. Cela reflète le ralentissement du commerce mondial et une dynamique interne à l’Europe qui manque de robustesse. Comment inverser la tendance sera la question clé pour 2019? La croissance va ralentir aux USA et en Chine pénalisant la dynamique du commerce mondial et j’ai du mal à anticiper que les européens trouvent une dynamique commune à la veille d’élections européennes qui risquent de mettre à jour des hétérogénéités fortes entre les pays membres quant à leur volonté de renforcer l’efficacité de la construction institutionnelle de la Zone Euro ou de l’Union Européenne. Il y a une inquiétude sur l’allure des prochains mois.

Allemagne en récession ?

Le fort repli de la production industrielle en Allemagne en novembre peut suggérer la possibilité d’une récession à la fin de l’année 2018. La production industrielle avait reculé de -5.5% au troisième trimestre et se replie de -7.8% au dernier trimestre (acquis à la fin du mois de novembre. Compte tenu de la cohérence avec l’évolution trimestrielle du PIB on ne peut pas exclure un repli de l’activité globale en Allemagne au 4 eme trimestre 2018.

Cela abaisserait encore davantage les prévisions de croissance pour la zone Euro en 2019. Le point de départ serait alors beaucoup plus bas et la convergence vers la croissance potentielle se fera encore plus vite.

En conséquence, la BCE restera sur un mode, « je ne normaliserai surtout pas et je reste sur mes positions encore très longtemps »