La production industrielle se contracte en zone Euro

Avec le repli de -0.9% de décembre, la production industrielle de la zone Euro recule de -5.3% sur le dernier trimestre (taux annualisé) et de -2.1% sur un an.
Le ralentissement du commerce mondial est une explication que le ralentissement européen a accentué.

On dispose désormais d’une image plus complète de l’activité industrielle en 2018. Les US s’en tirent bien, le Japon est toujours très volatil mais l’Europe se replie rapidement, faute d’une dynamique interne capable de compenser les chocs extérieurs. On retombe toujours sur cette éternelle question d’une dynamique coordonnée pour aller mieux. La dépendance aux impulsions du reste du monde est désormais trop importante et cela est très préoccupant

Production industrielle en berne en Europe


On a connu des périodes plus fastes que 2018 pour la production industrielle. Cela reflète le ralentissement du commerce mondial et une dynamique interne à l’Europe qui manque de robustesse. Comment inverser la tendance sera la question clé pour 2019? La croissance va ralentir aux USA et en Chine pénalisant la dynamique du commerce mondial et j’ai du mal à anticiper que les européens trouvent une dynamique commune à la veille d’élections européennes qui risquent de mettre à jour des hétérogénéités fortes entre les pays membres quant à leur volonté de renforcer l’efficacité de la construction institutionnelle de la Zone Euro ou de l’Union Européenne. Il y a une inquiétude sur l’allure des prochains mois.

Allemagne en récession ?

Le fort repli de la production industrielle en Allemagne en novembre peut suggérer la possibilité d’une récession à la fin de l’année 2018. La production industrielle avait reculé de -5.5% au troisième trimestre et se replie de -7.8% au dernier trimestre (acquis à la fin du mois de novembre. Compte tenu de la cohérence avec l’évolution trimestrielle du PIB on ne peut pas exclure un repli de l’activité globale en Allemagne au 4 eme trimestre 2018.

Cela abaisserait encore davantage les prévisions de croissance pour la zone Euro en 2019. Le point de départ serait alors beaucoup plus bas et la convergence vers la croissance potentielle se fera encore plus vite.

En conséquence, la BCE restera sur un mode, « je ne normaliserai surtout pas et je reste sur mes positions encore très longtemps »

France – La production manufacturière se stabilise au 2ème trimestre.

La production industrielle française a rebondi au mois de juin à +0.56% après 3 mois mois consécutifs de recul. Si l’on compare le deuxième trimestre au trimestre précédent alors l’activité ainsi mesurée est en repli de -1.6% en taux annualisé. Sur un an, l’indicateur est en hausse de 1%.
L’indice de l’industrie manufacturière a également repli de la vigueur en juin à +0.55%. Elle progresse marginalement sur le trimestre (0.46% en taux annualisé) et sur un an la progression est de 1.4%.
Si l’industrie est une source majeure d’impulsion dans le cycle économique, on note ici que l’ampleur de cette impulsion est désormais limitée et son incidence sur la dynamique du cycle est plus réduite. Lire la suite

L’économie britannique prend du retard depuis le référendum

La comparaison de l’activité industrielle au sein de l’économie européenne est très instructive lorsque l’on se cale sur la période après le référendum britannique sur le Brexit. 
En dépit de l’accélération du commerce mondial, la production industrielle britannique prend du retard sur les différents pays de la zone Euro. C’est ce que montre le graphe ci-dessous.
Le profil de l’activité industrielle en Italie survole l’ensemble des grands pays européens alors que le Royaume Uni est franchement en retard désormais notamment depuis le début de l’année 2017. L’écart est significatif avec l’indice de la zone Euro ainsi qu’avec la France, l’Allemagne et l’Espagne. Lire la suite

France-Royaume Uni – Pas la même monnaie mais le même profil industriel

Post Hoc Ergo Propter Hoc
L’appartenance à la zone Euro est il un handicap pour l’activité industrielle? C’était une question posée lors du débat sur les présidentielles françaises.
Effectivement la France, l’Espagne et l’Italie ont un décalage vis à vis de l’Allemagne. Cela ne serait que la conséquence majeure de l’appartenance à la zone Euro.
Plus tard dans le débat il a été évoqué la performance exceptionnelle du Royaume Uni.
Pourtant lorsque l’on regarde la production industrielle de la France et du Royaume Uni on constate que le profil est le même malgré la non-appartenance du Royaume Uni à la zone Euro.
Le profil de l’économie française ne se lit pas qu’au travers son appartenance à la zone Euro. La question est plus complexe qu’une tirade sur une estrade car l’économie est tout sauf simpliste.

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Plus grande homogénéité de la croissance – Ma chronique macroéconomique

6 points à retenir pour suivre la conjoncture globale la semaine dernière

Point #1 – La croissance se stabilise
On dispose maintenant du chiffre de croissance des principaux pays industrialisés pour 2016. On note qu’il y a une certaine homogénéité en 2016 que l’on ne connaissait pas au début de la décennie. Cela résulte d’une plus grande prévisibilité des politiques économiques et de la possibilité pour les agents privés (ménages et entreprises) d’ajuster leur comportement à leurs propres contraintes et non pas à des aléas liés à la politique économique. En outre, le niveau des taux d’intérêt et le prix du pétrole ont aussi aidé grandement à cette amélioration. Lire la suite