PIB, Emploi et Productivité en zone Euro

L’emploi a progressé en zone euro au premier trimestre (+1.4% en taux annualisé). L’allure des créations d’emploi est solide. Cependant, depuis le début de l’année 2018 la productivité ne progresse plus. Le PIB ne progresse pas suffisamment vite au regard de la hausse de l’emploi. Le risque est qu’un choc externe provenant par exemple du commerce mondial pénalise l’activité avec, derrière, un ajustement rapide sur l’emploi. L’économie ne se crée pas de marges de manœuvres (pas de gains de productivité) reflétant ainsi une sensibilité aux chocs plus importante.

Le 2 pages Macro – Des taux d’intérêt bas pour longtemps

Le 2 pages Macro explique l’allure des taux d’intérêt bas pour longtemps. L’impulsion des banques centrales après la crise de 2008 a été rattrapée par une économie dont les caractéristiques ont changé et qui ne peut s’accommoder désormais que de taux bas conditionnant ainsi le comportement des banques centrales.

Le 2 pages Macro – Taux d’intérêt

La croissance est trop faible pour alimenter le pouvoir d’achat en France

Le pouvoir d’achat, la productivité et le PIB par tête doivent suivre une allure cohérente dans la durée. Chaque indicateur traduit, à sa façon, la capacité de l’économie, française en l’occurrence, à évoluer dans la durée.
J’ai repris ces 3 éléments depuis 2000 jusqu’à 2018 et la dernière donnée disponible pour chacun d’entre eux (données trimestrielles). J’ai mis chacun d’eux en base 100 en 2000. 
Sur le graphe on observe trois périodes.
La première période jusqu’à la crise de 2008 montre des indicateurs suivant des trajectoires parallèles et donc plutôt cohérentes. 
La deuxième période, de 2008 à 2012, montre des écarts considérables. Le PIB par tête et la productivité chutent en 2009 avant de rebondir modérément alors que dans le même temps le pouvoir d’achat se maintient à un niveau élevé, sans rupture, contrairement aux deux autres mesures. 
Cet écart prend fin avec la rigueur budgétaire et les hausses de fiscalité de 2012/2013. 
La troisième période démarre en 2014 avec des indicateurs qui ont retrouvé des trajectoires cohérentes et parallèles.
Deux remarques
1 – Les stabilisateurs automatiques ont joué favorablement, en 2009 notamment, en maintenant la capacité de demande des ménages. Cet effet, habituellement favorable dans la durée, n’a pas tenu ses promesses cette fois-ci car le rebond de la croissance a été insuffisant. On voit bien la rupture de 2011 sur le graphe en raison des politiques d’austérité. La reprise a été coupée dans son élan par les politiques budgétaires trop restrictives à l’échelle européenne.
2 – Depuis le rythme de la croissance est trop bas pour être satisfaisant. Les trois allures sont cohérentes mais ne satisfont personne en raison d’une progression trop réduite.
Dès lors, toute mesure visant à accroître le pouvoir d’achat se heurtera rapidement aux contraintes mêmes de l’économie française. 
Le vrai problème de la l’économie française reste donc la croissance qui est trop réduite.

L’emploi et la machine

As long ago as 1984, in his Paths to Paradise, André Gorz, a self-proclaimed “revolutionary-reformist” stated, baldly, that the “micro-economic revolution heralds the abolition of work”. He even argued that “waged work . . . may cease to be a central preoccupation by the end of the century”. His timing was wrong. But serious analysts think he was directionally right. So what might a world of intelligent machines mean for humanity? Will human beings become as economically irrelevant as horses? If so, what will happen to our individual self-worth and the organisation of our societies?

Lire l’article de Martin Wolf

www.ft.com/content/02d486ba-ecc1-11e7-8713-513b1d7ca85a

Six changements majeurs depuis la crise – Ma chronique du lundi

Au premier semestre 2008, l’économie des pays développés connaissait une croissance robuste en dépit des premiers craquements entendus depuis l’été précédent. C’était il y a dix ans. Depuis la dynamique de l’économie mondiale a changé en profondeur modifiant les sources d’impulsion et les modes d’ajustement notamment dans les pays développés.

On pourrait relever de nombreuses différences mais aujourd’hui j’en ai retenu 6 qui me paraissent pertinentes pour comprendre la nouvelle équation de l’économie globale.

1 – Le commerce mondial n’a plus la même allure
Le commerce mondial n’a plus du tout la même allure qu’avant la crise de 2008. Auparavant, il fluctuait assez largement autour d’une tendance estimée à 6.8% par an en volume. Cela créait au sein de chaque économie une source d’impulsion forte et était de ce fait un soutien à la croissance de l’activité. Il y avait une  dynamique vertueuse entre les échanges et l’activité.
Depuis 2011, il fluctue peu et sa tendance est désormais de 2.3%. La rupture de 2011 est à attribuer aux politiques d’austérité notamment celles mises en oeuvre en Europe. Lire la suite

Inégalités des revenus et sur le marché du travail

Le rapport récent publié par l’Ecole d’Economie de Paris montre l’évolution des inégalités de revenus dans le monde. Il calcule la part considérable des revenus les plus élevés dans l’ensemble des revenus et aboutit à une situation franchement préoccupante. Ainsi, à l’échelle mondiale, le 1% des revenus les plus élevés a-t-il capté 27% de la croissance globale des revenus depuis 1980 (hors effet inflation). Sur la même période les 50 % ayant les revenus les plus réduits n’ont capté que 12% de la croissance de ce revenu. Clairement le monde a changé de référent sur la période. Les trajectoires par pays sont parfois encore plus marquées. Cependant, la situation des inégalités en Europe est relativement stable sur la période depuis 1980.

Les inégalités dans la répartition des revenus posent de nombreuses questions, notamment celle de la nécessité de trouver une croissance forte et durable. Si celle-ci ne profite qu’à une très faible minorité alors la croissance à tout prix ne peut pas être un objectif unique. L’approche par le ruissellement qui suggère que des riches plus riches auront un impact positif sur les pauvres ne marche pas du tout. Il faut donc définir d’autres objectifs et des instruments à côté de la croissance pour avoir une société plus harmonieuse. Lire la suite