Six changements majeurs depuis la crise – Ma chronique du lundi

Au premier semestre 2008, l’économie des pays développés connaissait une croissance robuste en dépit des premiers craquements entendus depuis l’été précédent. C’était il y a dix ans. Depuis la dynamique de l’économie mondiale a changé en profondeur modifiant les sources d’impulsion et les modes d’ajustement notamment dans les pays développés.

On pourrait relever de nombreuses différences mais aujourd’hui j’en ai retenu 6 qui me paraissent pertinentes pour comprendre la nouvelle équation de l’économie globale.

1 – Le commerce mondial n’a plus la même allure
Le commerce mondial n’a plus du tout la même allure qu’avant la crise de 2008. Auparavant, il fluctuait assez largement autour d’une tendance estimée à 6.8% par an en volume. Cela créait au sein de chaque économie une source d’impulsion forte et était de ce fait un soutien à la croissance de l’activité. Il y avait une  dynamique vertueuse entre les échanges et l’activité.
Depuis 2011, il fluctue peu et sa tendance est désormais de 2.3%. La rupture de 2011 est à attribuer aux politiques d’austérité notamment celles mises en oeuvre en Europe. Lire la suite

Inégalités des revenus et sur le marché du travail

Le rapport récent publié par l’Ecole d’Economie de Paris montre l’évolution des inégalités de revenus dans le monde. Il calcule la part considérable des revenus les plus élevés dans l’ensemble des revenus et aboutit à une situation franchement préoccupante. Ainsi, à l’échelle mondiale, le 1% des revenus les plus élevés a-t-il capté 27% de la croissance globale des revenus depuis 1980 (hors effet inflation). Sur la même période les 50 % ayant les revenus les plus réduits n’ont capté que 12% de la croissance de ce revenu. Clairement le monde a changé de référent sur la période. Les trajectoires par pays sont parfois encore plus marquées. Cependant, la situation des inégalités en Europe est relativement stable sur la période depuis 1980.

Les inégalités dans la répartition des revenus posent de nombreuses questions, notamment celle de la nécessité de trouver une croissance forte et durable. Si celle-ci ne profite qu’à une très faible minorité alors la croissance à tout prix ne peut pas être un objectif unique. L’approche par le ruissellement qui suggère que des riches plus riches auront un impact positif sur les pauvres ne marche pas du tout. Il faut donc définir d’autres objectifs et des instruments à côté de la croissance pour avoir une société plus harmonieuse. Lire la suite

La croissance, contrainte du nouveau président français

Cet article a été publié le 31  mars sur le site de http://www.Forbes.fr sous le titre «Le Nouveau Président Français Et La Croissance A 1%» Il est disponible ici

Il est disponible in extenso ci-dessous

Le nouveau président de la République Française sera confronté à une économie dont la croissance est, spontanément, proche de 1%. C’est le chiffre moyen constaté depuis le début de l’année 2013. Son challenge sera de s’écarter durablement de cette trajectoire afin de créer suffisamment d’emplois, pour réduire le chômage, et pour générer des revenus supplémentaires afin de financer le système social de façon plus efficace et plus complète.

Bien sûr chaque candidat est plutôt optimiste sur le profil attendu de la croissance. En 2021/2022 le chiffre moyen serait un peu inférieur à 2%. En 5 ans, le nouveau président fait l’hypothèse qu’il pourrait presque doubler le taux de croissance de l’économie française. C’est très ambitieux.

Au regard des profils de croissance attendus et des hypothèses faites par les différents candidats, la crise, qui dure depuis presque 10 ans, n’aurait eu finalement qu’un effet transitoire puisque l’économie pourrait, à la fin du nouveau quinquennat, converger vers sa tendance antérieure, celle d’avant crise. C’est une analyse qui est certainement fausse; l’économie française a été durablement affectée par cette crise. Comme la plupart des économies occidentales, elle a subi des chocs forts et persistants qui ont eu raison de sa dynamique de croissance. Les Etats-Unis, le Royaume Uni et d’autres connaissent une situation similaire. La croissance lente n’est pas un phénomène spécifique à la France et les autres pays tardent aussi à trouver la solution pour retrouver l’allure d’avant crise.

France-2016-T4-croissance+tendance
Au regard des chiffres de l’économie française, les projections des candidats montrent une forte dose de volontarisme car spontanément ce n’est pas vers 2% que converge l’économie. Lire la suite

La croissance, contrainte du nouveau président – Ma contribution pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur l’élection présidentielle et la croissance limitée de l’économie française

Le nouveau président de la République Française sera confronté à une économie dont la croissance est, spontanément, proche de 1%. C’est le chiffre moyen constaté depuis le début de l’année 2013. Son challenge sera de s’écarter durablement de cette trajectoire afin de créer suffisamment d’emplois, pour réduire le chômage, et pour générer des revenus supplémentaires afin de financer le système social de façon plus efficace et plus complète.
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Mario Draghi et le changement technologique

Dans un discours récent, 13 mars, Mario Draghi trace les liens entre la politique monétaire et les changements technologiques perçus comme des sources d’amélioration de la productivité.

This might at first glance seem an unusual topic for a central bank conference, since monetary policy principally operates through the demand side of the economy. But the long-term supply picture evidently also affects our ability to deliver on our mandate.
Much of the debate today about the true level of the real equilibrium interest rate, for example, is a debate about the outlook for productivity growth, which of course depends in large part on innovation and entrepreneurship. Higher productivity growth is also vital to safeguard Europe’s economic model of high wages and social protection, and hence to counter the sense of economic insecurity that is currently prevalent in several advanced economies.
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USA – Rebond de l’activité au deuxième trimestre ? Oui

L’interrogation sur la dynamique de l’économie américaine après la forte révision du chiffre de croissance du premier trimestre peut être en partie levée au regard de la mesure de productivité tirée de l’enquête ISM.
Le graphe ci dessous compare l’écart entre la production et l’emploi dans l’enquête ISM pour le secteur manufacturier et l’évolution de la productivité mesurée par le Bureau of Labor Statistics.
Les deux indicateurs sont cohérents et la hausse de l’indice issu de l’enquête ISM suggère une normalisation de l’activité au cours du deuxième trimestre. Le choc négatif du premier trimestre n’aura alors été que temporaire.
USA-2014-June-ISM-productivité