L’aplatissement de la courbe US et l’activité. Ce n’est pas différent du passé

Sur mon blog anglais, je discute de l’assertion de Jay Powell selon laquelle l’aplatissement de la courbe des taux US (10 ans moins 2 ans) n’est pas un signal négatif sur le profil de l’activité car la croissance est robuste.

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Brésil – La très longue récession

La situation du Brésil reste très préoccupante. Le PIB s’est à nouveau replié au 4ème trimestre 2016. Il a reculé de -3.4% en taux annualisé après -2.9% au 3ème trimestre. C’est la 8ème baisse consécutive.
Sur l’ensemble de l’année 2016, le PIB a baissé de -3.6% après déjà -3.8% en 2015. Le repli depuis le point haut du premier trimestre 2014 est de 9%.
L’acquis pour 2017 à la fin de 2016 est négatif à -1.1%.
Le premier graphe montre le profil du PIB et sa tendance calculée jusqu’à fin 2013. L’écart à la tendance est quasiment de 20% à la fin du dernier trimestre de 2016. Si l’activité avait évolué selon la tendance calculée, le PIB serait actuellement 20% plus élevé. Lire la suite

Les politiques d’austérité pendant le crise: une bonne recette pour miner la reprise et accroitre la probabilité de récession 

Le graphe ci dessous traduit bien l’histoire de la politique économique depuis le début de la crise. Alors que les banquiers centraux ont réduit les taux d’intérêt pour faire face à la contraction de l’activité, les gouvernements en ont rajouté en mettant en place des politiques d’austérité.

En d’autres termes, la politique monétaire buttait sur la contrainte de non négativité des taux d’intérêt sans pour autant faire repartir l’économie. Mais les gouvernements, notamment en zone euro, ont insisté pour limiter la hausse de la dette publique. 

Cela s’est traduit par une économie qui était KO et qui en plus était contrainte sur sa politique économique. La récession n’était que la résultante de ces erreurs de politique économique.  Je crois qu’il ne doit pas y avoir trop d’ambiguïté sur ces points. 

 

source IMF

 
Dans un long papier publié dans le Guardian, Paul Krugman revient dans le détail sur la façon dont ces politiques ont été mises en œuvre. Il évoque l’austérité génératrice de croissance d’Alesina, la hausse spectaculaire de l’inflation et des taux d’intérêt après la mise en place de politiques monétaires non orthodoxes (Ferguson), les bond vigilantes mais aussi le fameux seuil de 90% que ne devait pas dépasser la dette publique (Reinhard et Rogoff).  Tous es éléments qui ont plongé la zone euro dans une longue récession dont elle sort à peine. En outre, la Grèce, qui était montré en exemple de ce qu’il ne fallait pas faire, est restée un cas isolé car vraiment spécifique.

Il indique aussi que si le Royaume Uni a été restrictif sur le plan budgétaire, cela fait un moment qu’il ne l’est plu et c’est une explication majeure de la croissance britannique. (3ème graphe dans le papier de Krugman)

 

Source: Krugman

 
Enfin Paul Krugman s’interroge sur cette opposition aux analyses keynésiennes et là aussi c’est plein d’enseignements 

Langueur de l’économie française – Comparaison avec les récessions des années 70 et 90

Depuis 2008 l’économie française connait une période de très faible activité. Une illustration pour éclairer ce point: à la fin du premier trimestre 2013 le PIB, la mesure la plus large de l’activité économique, est encore 0.5% au-dessous du niveau qui avait été observé au premier semestre 2008 soit avant la rupture résultant de la faillite de la banque Lehman Brothers. Cette situation n’est pas spécifique à la France. La zone Euro (-2.8%), l’Italie (-7.8%), l’Espagne (-6.5%), le Royaume Uni (-3.7%) ou encore le Japon (-1.6%) ont des écarts encore plus marqués. L’Allemagne (+1.5%) et les Etats-Unis (+2.8%) sont un peu au-dessus du niveau d’activité observé au premier semestre 2008 mais sans que cela présente un écart comparable à ce qui était observé par le passé. Lire la suite

La France en récession – Quelles conséquences?

Interview croisé publié sur www.Atlantico.fr
L’article est disponible ici http://bit.ly/1098Gp9

Philippe Crevel est économiste et secrétaire général du Cercle des Epargnants depuis 2004
Philippe Waechter est directeur des études économiques chez Natixis Asset Management

Atlantico : La France est officiellement entrée en récession au premier trimestre 2013 avec une contraction du PIB de 0,2%. Quels sont les Français qui vont être touchés par cette récession et comment ?
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