Le coût du Brexit selon la Banque d’Angleterre

La Banque d’Angleterre a publié ses scenarii pour l’après Brexit. Les hypothèses vont de la sortie ordonnée cohérente avec l’accord signé entre l’UE et Theresa May à la sortie sans accord et totalement désordonnée.
On avait déjà observé que l’allure du PIB était plus faible depuis le référendum. Les résultats de la BoE accentuent ce phénomène.
Quelle que soit la forme du Brexit la trajectoire du PIB sera inférieure à celle d’avant référendum. L’accord signé donne le moins mauvais résultat dans le prolongement de ce que l’on voit déjà. Un Brexit désordonné et sans accord diminuerait franchement le niveau de vie des anglais.

La question ici est celle de la façon dont le Royaume Uni s’insère dans la dynamique de ses partenaires économiques, commerciaux et financiers. Dans le cas d’un no-deal désordonné ces relations sont très rapidement contraintes et pèsent sur l’activité. En d’autres termes il faut remettre à plat les relations du Royaume Uni avec le reste du monde et cela est coûteux en créant de la désorganisation et aussi un coût plus élevé puisque les conditions ne seront plus celles du marché unique mais celle de l’Organisation Mondiale du Commerce.

D’une façon générale, sur une période relativement courte le prix à payer sera lourd quoiqu’il arrive mais il y a des scenarii à éviter si c’est possible.

Allure du PIB par rapport à sa tendance d’avant référendum. L’écart au 3ème trimestre de 2018 est de -2.3%. Le PIB aurait été 2.3% plus élevé si la trajectoire d’avant référendum avait été maintenue.
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Les projections de la BoE sont toutes bien en-dessous de la tendance d’avant référendum et sans effet de rattrapage. Le PIB ne converge pas, dans un temps fini, vers sa tendance antérieure. Le coût est permanent et croissant car dans les projections le taux de croissance tendanciel est plus faible que celui d’avant crise.
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Le coût du Brexit pour le Royaume Uni

Après le référendum sur le Brexit, le 23 juin 2016, l’économie britannique a suivi une dynamique plus réduite. Cela a reflété notamment des changements d’anticipations sur ce qui se passera pendant et après les négociations, mieux vaut attendre que de s’engager trop vite, et des coûts d’opportunité puisque le Brexit a incité les entreprises et les investisseurs à regarder dans d’autres pays non affectés par les effets directs du référendum.
Ce changement de dynamique est visible dans le graphe ci-dessous. J’ai calculé une tendance de 2013 jusqu’au 2ème trimestre 2016. Je l’ai ensuite prolongée jusqu’au premier trimestre 2018.
L’écart à la tendance s’accroît de façon significative après le référendum. C’est le coût du Brexit pour le Royaume Uni qui a été incapable de prolonger la dynamique d’avant consultation sur la sortie de l’Union Européenne. Lire la suite

France, USA, Royaume Uni, Espagne: croissance hétérogène au premier trimestre

Au premier trimestre 2018, la croissance est robuste aux USA et en Espagne, elle s’infléchit en France mais ralentit nettement au Royaume Uni. 
Le premier graphe montre l’évolution depuis 2015 de la croissance par trimestre pour ces 4 pays, la croissance annuelle moyenne pour les 3 premières années ainsi que l’acquis de croissance pour 2018 à la fin du premier trimestre.
La croissance US du premier trimestre est du même ordre que celle de 2017 (2.3% les deux en taux annualisé), Elle ralentit néanmoins par rapport à la fin 2017. L’acquis est de 1.7%.
En Espagne elle est proche des 2 derniers trimestres de 2017. L’acquis est de 1.8%. Après une phase de rattrapage fort et rapide, la dynamique espagnole se modère à un niveau élevé.
Au Royaume Uni, la croissance avait ralenti déjà en 2017, la progression moyenne du PIB de chaque trimestre était inférieure à celles de 2016 et de 2015. Le ralentissement s’accentue au premier trimestre de 2018. L’acquis est faible (0.7%) ce qui conditionnera le chiffre réduit de l’ensemble de l’année. C’est un signal supplémentaire pour la BoE de ne pas changer sa stratégie monétaire en mai (voir ici)
En France, l’activité a ralenti mais après une année 2017 dont la croissance trimestrielle moyenne était bien au delà des capacités de l’économie française sur le long terme. L’acquis est de 1.2%. L’accélération de 2017 a fait le lit du ralentissement de la première partie de 2018 car le rythme n’était pas soutenable. Cela a été observé via le très haut niveau dans l’utilisation des capacités de production et par les difficultés de recrutement. La croissance tendancielle de l’économie française depuis 2013 est de 1.3% et c’est par rapport à cette norme qu’il faut jauger la croissance et non par rapport à 2017 qui était exceptionnel.
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Le retour attendu des britanniques dans l’Union Européenne

L’accord financier entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni est une très bonne nouvelle. Cela permettra de solder les engagements pris par la Grande-Bretagne vis-à-vis du reste de l’Europe. Les négociations sur le commerce vont ainsi pouvoir commencer. Elles ne se feront pas sur un mode tendre. Michel Barnier, fort du soutien des 27 pays de l’UE, l’a expliqué récemment. Il n’y aura pas d’exception à la règle. Il ne pourra pas y avoir d’accord à la carte pour les Britanniques. Tous les secteurs seront traités de la même façon, il n’y aura pas d’exception. Lire la suite

Brexit: la vision britannique

Dans le cadre d’une conférence à Londres, j’ai écouté cet après midi un membre, gallois, du Parlement Européen sur le Brexit.

Plusieurs remarques sur cette intervention:

La première remarque est la volonté déjà notée dans d’autres lieux d’une volonté de réussir le Brexit contre le monde entier. Le succès passe par la mobilisation de tous les britanniques.
[Commentaire:. Pas de désaccord dans la salle]
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