May démissionne

Avec la démission de Theresa May, le Royaume Uni en terre inconnue. May avait fait preuve de modération, ménageant les britanniques et les européens pour trouver un accord. Elle a échoué mais elle avait réussi à cacher le bololo qui caractérise désormais le champ politique de l’autre côté de la Manche. Cette situation va sauter aux yeux de tous lorsqu’il faudra, dans les prochaines semaines, trouver un leader aux conservateurs qui deviendra le premier ministre.

Je crains qu’il n’existe pas de majorité en GB pour converger vers une telle situation. La seule issue possible sera de mettre en œuvre des élections générales. Pourra t il en sortir une majorité ? J’en doute.

Dans ce cadre que fera la nouvelle commission européenne ? Ira t elle à la confrontation ? Ou restera t elle dans un cadre non hostile comme l’a été Michel Barnier jusqu’à présent ?

En tout cas, cela crée à nouveau une source d’incertitude car la question du Brexit va durer encore un moment. Et les britanniques sont ceux qui seront les plus affectés par ce manque de décision.

Brexit – La fête continue

Le coût du référendum sur le Brexit est de plus en plus élevé pour les britanniques. L’écart du PIB à sa tendance d’avant référendum continue de se creuser en dépit du rebond de la croissance au T1 (+0.5%). La France est dans une situation plus confortable. Quand s’arrêtera cette facétie outre manche ? Car ce sont les citoyens qui paient l’addition

Les européens divisés face aux britanniques

En dépit d’un ressenti catastrophique de la presse outre Manche, selon la thématique: « Les britanniques choisissent mais les européens décident » les anglais n’ont pas franchement perdu.

Après le référendum, la stratégie des britanniques était portée par l’idée que les intérêts nationaux allaient faire voler en éclat l’unité européenne derrière Barnier. Cela n’a pas fonctionné. Jamais les britanniques n’ont réussi à trouver la faille.

Le sommet du 10 avril a changé cela. May souhaitait un délai jusqu’au 30 juin pour éviter de rentrer dans un nouveau semestre européen. Le compromis des européens offre 3 mois supplémentaires. Ils seront lourds de conséquences. Les discussions pour décider de la durée du report ont montré des divisions. La perception du Brexit n’est plus la même entre les pays membres. Ensuite, si le délai va jusqu’à fin octobre, les britanniques seront impliqués dans le processus de désignation de la commission, du président de la BCE et encore du vote du budget structurel 2021-2027. Les risques de divergence des européens risquent alors d’être importants entre les européens. La présence des anglais dans ces négociations attisera cela même si May s’est engagée à rester neutre, mais comment rester neutre avec des élus européens ?

Et si les anglais avaient gagné? Rien ne dit que le 31 octobre ils seront sortis. Ils demanderont alors un délai supplémentaire. Pourquoi ne leur serait il pas accordé ?

Procrastination britannique – Un délai supplémentaire ne garantira pas un accord

Theresa May est à Berlin et Paris pour demander un nouveau délai. Il y a fort à parier qu’elle obtiendra du temps. Il est évoqué la date du 31 décembre 2019. C’est un peu moins que ce qu’évoquait Donald Tusk qui était prêt à aller jusqu’à un an.

Comme personne ne maîtrise les éventuelles conséquences d’une absence d’accord, aucun dirigeant ne prendra le risque d’être celui qui a enclenché le possible apocalypse.

Les dirigeants d’entreprise prennent des dispositions pour accompagner le Brexit mais aucun ne souhaite une rupture qui désorganiserait l’activité.

Cependant, cette procrastination a un coût. C’est vrai pour les anglais qui, s’ils n’avaient pas fortement stocké, seraient en récession depuis deux trimestres. C’est le cas de l’Union Européenne aussi. Toute réunion avec des collaborateurs, des clients, des banquiers ou des industriels fait la part belle aux inquiétudes sur le Brexit. Ne doutons pas que cette incertitude affecte les comportements et pénalise aussi la croissance de l’UE. On est ainsi dans une guerre d’usure en cherchant lequel craquera le premier. C’est peut être la pire des solutions car les coûts vont s’accumuler de part et d’autre de la Manche.

Car soyons clairs, un délai supplémentaire ne veut pas dire un accord du côté britannique à la date prévue. Les britanniques sont là pour encore un moment.

No deal ? Probable

Les parlementaires britanniques viennent de rejeter 4 nouvelles options après déjà les 8 de la semaine dernière. Ils ne veulent pas non plus du texte de Theresa May, présente déjà 3 fois.

Quelle option aura la possibilité d’être votée par ce parlement ? On peut chercher encore longtemps.

Un nouveau premier ministre ? Un deuxième referendum une fois qu’un nouveau gouvernement aura été nommé après des élections générales mais avec probablement une majorité politique introuvable.

Une seule possibilité pour ne pas vivre éternellement dans l’incertitude il faut que les britanniques sortent le 12 avril. Le choc sera fort mais pourra t on en Europe supporter encore des mois d’incertitude. Cela a un coût en croissance et en emplois pour l’ensemble des européens.