May démissionne

Avec la démission de Theresa May, le Royaume Uni en terre inconnue. May avait fait preuve de modération, ménageant les britanniques et les européens pour trouver un accord. Elle a échoué mais elle avait réussi à cacher le bololo qui caractérise désormais le champ politique de l’autre côté de la Manche. Cette situation va sauter aux yeux de tous lorsqu’il faudra, dans les prochaines semaines, trouver un leader aux conservateurs qui deviendra le premier ministre.

Je crains qu’il n’existe pas de majorité en GB pour converger vers une telle situation. La seule issue possible sera de mettre en œuvre des élections générales. Pourra t il en sortir une majorité ? J’en doute.

Dans ce cadre que fera la nouvelle commission européenne ? Ira t elle à la confrontation ? Ou restera t elle dans un cadre non hostile comme l’a été Michel Barnier jusqu’à présent ?

En tout cas, cela crée à nouveau une source d’incertitude car la question du Brexit va durer encore un moment. Et les britanniques sont ceux qui seront les plus affectés par ce manque de décision.

Brexit – Ouverture sur l’inconnu

La défaite de Theresa May au parlement britannique est historique avec un écart de 230 voix (432 voix contre vs 202 pour).

Le texte qui avait été validé, au mois de Novembre, par le gouvernement britannique et la Commission Européenne ne sera pas le canevas de la nouvelle architecture européenne.

Que peut il se passer ? On a tous en tête un schéma tel que celui proposé par l’AFP. La partie gauche a été rejetée par le parlement ce soir. Il reste la partie droite du schéma.

Au delà du plan B que Theresa May doit présenter dans les trois jours et que visiblement elle n’a pas, le Royaume Uni va entrer en terre inconnue car il n’existe pas de solution triviale.

La question est de savoir qui va porter le gouvernement britannique car l’idée générale est que Theresa May doit partir. En effet, Theresa May peut elle être encore crédible après sa terrible défaite ? En aura t elle la volonté ? Que peut elle apporter désormais alors qu’elle a mis toutes ses forces dans la bataille?

On peut imaginer des élections générales mais qui prendra le 10 Downing Street ? Theresa May ? Un brexiter ? Ou Jeremy Corbyn? La première a un problème de crédibilité, alors qu’aucun brexiter ne veut le pouvoir tant que la question du Brexit n’est pas réglée et que la gauche britannique ne souhaite pas Corbyn à ce poste car il est trop extrême. Cela pose la question ainsi de qui pourrait endosser la responsabilité d’un deuxième référendum.

On peut imaginer une extension de l’article 50 mais pourquoi faire ? L’UE ne voudra pas bouger, à juste titre, et les britanniques ont déjà essayé de négocier le meilleur accord pour eux. La seule raison qui pousse dans ce sens est l’idée qu’in fine la raison l’emportera et que les britanniques renonceront au Brexit.

Reste la renonciation unilatérale de la procédure et qui serait portée par le Parlement ou le Brexit sans accord.

L’incertitude reste entière n’est pas prêt d’être levée car Theresa May va probablement s’accrocher à son poste alors qu’elle n’a plus la main.

Brexit Modéré – Un reniement rapide

Après les élections britanniques, la confusion, qui en résulte, suggère que la probabilité d’un Brexit modéré a augmenté puisque Theresa May, ne disposant pas d’une majorité, sera obligée de composer. Pourtant ce n’est pas et cela ne peut pas être aussi simple car cela reflète un reniement du référendum sur le Brexit.

Une source de confusion vient de ce que l’image de l’Europe a profondément changé chez les britanniques en un an. L’image positive de l’Europe est majoritaire (54%) chez les britanniques selon une enquête menée par PEW Research Center au printemps 2017. C’est 10 points de plus que l’an dernier au moment du référendum.

L’émergence de l’idée d’un Brexit modéré vient de la perte des élections générales par Theresa May. Lire la suite

Le monde change radicalement – Ma Chronique macroéconomique

Voici les différents points à suivre cette semaine dans la conjoncture économique

Point #1 – Le protectionnisme au coeur du discours d’investiture de Donald Trump
Lors de son discours d’investiture, Donald Trump a mis l’accent sur des objectifs purement politiques. L’économie apparaît comme un moyen des options politiques prises même si cela oblige à réécrire l’histoire américaine. (Le discours est disponible ici en français texte-integral-du-discours-dinvestiture-de-donald-trump-shareamerica )

L’ensemble de son discours d’investiture est marqué par l’opposition à ce qui pourrait faire dépendre les Etats-Unis du reste du monde. Les options protectionnistes de ce discours résultent de cette hypothèse. Ce qu’il en ressort est l’idée selon laquelle le commerce mondial serait un jeu à somme nulle. Ce qui n’est pas fait aux Etats-Unis est fait au détriment des Etats-Unis. « Ce que tu gagnes, je le perds »
Le discours protectionniste est donc de faire de telle sorte que les Etats-Unis prennent la part du gâteau la plus importante qui soit. Pour cela la thématique « acheter américain et embaucher américain » fonctionne bien.
Sauf que cela est faux. Le commerce mondial n’est pas un jeu à somme nulle. Lire la suite

Reconstruire la société britannique – Ma chronique pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur la nécessaire reconstruction de la société britannique après le Brexit.
Les règles vont être modifiées et les délais d’ajustement vont être longs après la mise en oeuvre du Brexit. Cependant, les dissensions au sein de la société britannique apparues lors du référendum n’ont pas trouvé de début de résolution dans le discours de Theresa May. Cela est problématique
La suite à lire ici 

Du sang et des larmes pour créer le Global Britain de Theresa May

Discours très politique de Theresa May sur la sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne (voir ici). Le référendum sur le Brexit doit se traduire par une dissociation entre le Royaume Uni et l’Union Européenne. La loi britannique doit être votée par les britanniques. Pour éviter toute ambigüité, il n’y aura plus d’accès au marché unique. L’accord de libre-échange négocié avec l’UE sera ratifiée par le Parlement britannique.

L’objectif de ce discours très politique est de mobiliser l’ensemble des britanniques au cours de cette rupture. C’est par la mobilisation de tous que le Royaume Uni sortira de l’UE tout en se donnant les capacités de se reconstruire  pour être au coeur de l’économie globale. Le terme de « Global Britain » utilisé par le premier ministre traduit la dimension nouvelle qu’elle veut associée à ce nouveau départ.
Cela veut dire aussi qu’il faudra du sang et des larmes pour réussir, chacun devra se mobiliser à la réussite du projet. Le Global Britain est plus fort, plus équitable, plus unifié et plus ouvert encore.
Elle définit aussi un cadre de négociations en 12 points. On peut les retrouver ici

Cependant, ce n’est pas aussi simple.   Lire la suite