L’étrange comportement des USA sur le marché du pétrole

Les sanctions américaines ont d’abord touché la Russie le 6 avril puis c’est l’Iran qui a déclenché l’ire américaine, le 2 mai, et demain, après les élections présidentielles du 20 mai, ce sera probablement le Venezuela où le gouvernement est accusé de corruption par la Maison Blanche.
Les annonces successives ont affecté à la hausse le prix du pétrole. Après l’annonce des sanctions contre la Russie le 6 avril le pétrole est passé durablement au-dessus de 70 dollars puis après celles contre l’Iran le 2 mai il est passé au-dessus de 75 dollars.
Ce mouvement sur les prix traduit une incertitude plus marquée sur le marché du pétrole puisque les pays concernés seront contraints dans leur habilité, demain, à réinvestir dans de nouvelles capacités puisqu’une grande partie de la technologie dépend de brevets étrangers et notamment de brevets américains. Lire la suite

Pétrole, dollar, salaire et chômage aux USA – Ma chronique du lundi

Le pétrole s’échappe à la hausse, un peu en dessous de 75 dollars le baril. Le billet vert s’apprécie à nouveau. Il est maintenant à moins de 1.2 contre euro et son taux de change effectif s’apprécie rapidement créant de l’incertitude sur les marchés et notamment sur les marchés émergents.
Pendant ce temps, les salaires ne progressent toujours pas aux USA malgré un taux de chômage passé sous le seuil de 4% pour la première fois depuis décembre 2000. A l’époque le taux de salaire de référence progressait de 3.8%, sa hausse n’est que de 2.6% en avril 2018.
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Perspectives Economiques – Avril 2018

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  • La conjoncture ralentit elle? Notamment en zone Euro?
    La croissance est élevée mais n’accélère plus. Elle sera généralement proche, en 2018, des chiffres de 2017; soit 2% en France et 2.4% en zone Euro. Il n’y a pas d’impulsion supplémentaire et l’expansion bute sur des contraintes physiques dans l’industrie. Les Etats-Unis bénéficient cependant d’une dynamique interne plus forte en raison de la politique budgétaire expansionniste.
  • L’inflation est partout limitée
    Pas de tensions salariales et le prix du pétrole est relativement stable
  • La BCE ne changera rien avant longtemps
    L’absence d’inflation en dépit de la croissance robuste suggère que le taux de chômage peut encore baisser avant de voir des tensions nominales. Cela donne du temps à la BCE qui n’a pas de raison particulière pour changer rapidement de stratégie monétaire. Pas de hausse de taux sous Draghi.
  • La politique de la Fed: 4 fois au moins en 2018
    L’équilibre entre une politique monétaire toujours accommodante, une politique budgétaire très expansionniste et une économie au plein emploi n’est probablement pas stable sauf à considérer que le taux de chômage converge au-dessous de 3.5% ce qui serait historique. La Fed permettra la stabilisation macroéconomique par des hausses de taux plus nombreuses qu’attendu.
  • Guerre commerciale: « For every one US worker in metals production there are more than 40 workers in metals-using industries. Taxing the latter to privilege the former makes no sense.”
    Tensions avec la Chine: passage de témoin difficile pour les américains. L’équilibre global bascule vers la Chine

Jerome Powell, Président de la Federal Reserve

La nomination de Jerome Powell à la présidence de la Federal Reserve américaine n’a pas engendrer de rupture du côté des investisseurs*. Jusqu’à présent il était dans la ligne de Janet Yellen sur la macroéconomie et sur les orientations de la politique monétaire. Néanmoins il apparaît un peu plus favorable à un retour en arrière sur la réglementation financière et bancaire.   C’est une différence de taille avec Yellen.
Il peut donc être perçu comme voulant maintenir des taux d’intérêt bas dans la suite de la politique monétaire actuelle tout en allégeant la réglementation. Il n’est pas étonnant qu’il n’y ait pas eu de mouvement de défiance à Wall Street. C’est aussi un cadre qui est proche de celui que dessine Donald Trump.

Cependant, l’analyse ne peut s’arrêter là. Il n’est pas un spécialiste de la politique monétaire au moment où la Fed s’est engagée dans la plus formidable normalisation monétaire de son histoire. Elle a commencé à augmenter ses taux d’intérêt pour retrouver des marges de manoeuvre et à réduire la taille de son gigantesque bilan tout en voulant maintenir le taux de chômage à un niveau très bas et l’inflation proche de 2%. Satisfaire à l’ensemble de ces objectifs va être une tâche extraordinaire pour la banque centrale américaine.  Lire la suite