Récession en zone Euro ?

L’horizon s’assombrit plus vite qu’on ne l’imaginait en zone Euro.
Les chiffres allemands publiés ce matin (8 janvier) suggèrent que l’économie d’outre-Rhin tend vers la récession (son PIB avait déjà reculé en T3).
L’Italie, avec aussi un PIB en repli au T3, a des signaux négatifs via les enquêtes auprès des entreprises. Elle est aussi probablement en récession. L’économie française manque de vigueur, les troubles sociaux pèsent lourds sur la dynamique macro.
En d’autres termes, 65 % de la zone Euro est probablement en repli au dernier trimestre 2018 (les replis allemand et italien ne compensent pas la faible hausse de la France). Cela crée une dynamique médiocre et une vraie inquiétude pour l’allure de la croissance de la zone pour les mois à venir. 
Dans un contexte où l’inflation sera réduite, cela se traduira par une croissance nominale médiocre qui n’aura pas la capacité à créer et distribuer des revenus.
Une meilleure coordination de la politique économique est une condition nécessaire (mais probablement pas suffisante) pour retrouver une trajectoire satisfaisante. Hélas, on n’en prend pas le chemin. Les deux vice-premiers ministres italiens soufflent sur les braises françaises et n’incitent pas à imaginer un avenir serein.

L’inflation reflue via la baisse du prix du pétrole

A de nombreuses reprises (voir ici et ici) j’ai évoqué l’impact de la baisse du prix du pétrole sur le taux d’inflation après la chute du prix de l’or noir.
Le taux d’inflation de la zone Euro au mois de décembre est une première approche. Le taux d’inflation est passé de 2% en novembre à 1.6% et la contribution de l’énergie au taux d’inflation est passé de 0.9 à 0.5% (voir 2ème graphe)
L’ajustement de l’indice énergie dans l’indice des prix au prix du pétrole n’est pas complet. L’indice va se replier encore et très rapidement cette contribution va devenir négative.
Le prix du pétrole est de 55 dollars actuellement (48.2 euros) est à comparer à celui de janvier 2018 qui était de 68.9 dollars (56.5 €). Sur le premier trimestre il était de 67.2 dollars et 54.7€. Cela fait un sacré parcours pour avoir un prix équivalent à celui de l’an dernier et donc une contribution nulle de l’énergie au taux d’inflation. Le troisième graphe montre l’allure de la variation annuelle du prix du pétrole et celle de la contribution de l’énergie au taux d’inflation. On perçoit que l’ajustement est encore incomplet.
C’est pourquoi le taux d’inflation va passer sous le taux d’inflation sous-jacent estimé en décembre à 1%.(voir premier graphe)
C’est par ce biais que se feront les arbitrages qui exploiteront ces gains de pouvoir d’achat. Ce moteur sera important dans la lecture de la conjoncture des premiers mois de 2019.
Ce ralentissement de l’inflation n’oblige aucunement la BCE à se précipiter dans la normalisation de sa politique monétaire.

La BCE bien partie pour ne rien faire en 2019


La BCE y met toute son énergie mais l’inflation ne converge pas franchement vers l’objectif (2%) qu’elle s’est fixé. Peut on, dès lors, dire comme Mario Draghi que le Quantitative Easing a correctement fonctionné ? Oui probablement sur l’activité.La baisse de l’ensemble des taux a modifié les arbitrages dans le temps favorisant les dépenses immédiates au détriment des dépenses futures. Sur l’inflation? Oui si la reprise a permis d’éviter la déflation mais au-delà? On peut s’interroger.La convergence vers la cible de la BCE est repoussée année après année. Les prévisions de croissance (convergence vers le potentiel en 2021 estimé à 1.5% par la BCE) et d’inflation,suggèrent, sauf à changer de fonction de réaction, que la BCE restera accommodante encore longtemps. 

Baisse rapide du prix du pétrole =>Fort ralentissement attendu de l’inflation

Le prix du pétrole est revenu à un niveau comparable à celui de l’an dernier. La hausse de la production US implique un excès d’offre qui se traduit par une accumulation de stocks aux Etats-Unis et une baisse du prix.

La conséquence majeure va être le fort ralentissement de l’inflation dans les prochaines semaines. Elle va très vite converger vers l’inflation sous-jacente. La contribution de l’énergie qui est, en octobre, un peu supérieure à 1%(soit près de la moitié de l’inflation qui était à 2.2%) va s’effondrer rapidement à l’image du profil du prix de l’or noir. Lire la suite